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Etymologie
Vinça vient de la "Villa Vinciani", le nom du domaine rural exploité par le romain Vinciani après que Rome eut envahi le Roussillon.
Histoire
Le site de Vinça, dans la vallée de la Têt, ne nous a pas livré de vestiges de l'époque antérieure à l'ère carolingienne. Les dolmens et menhirs de la civilisation mégalithique ont été érigé plus en altitude, dans les Albères ou en Conflent. Les ibéro-ligures, les romains, les wisigoths et les sarrasins n'ont pas laissé plus de traces.
En fait la première mention du village date de 950 dans un document donnant l'emplacement de son église.
La ville de Vinça était au Moyen-age une importante ville du Conflent, passé sous le contrôle aragonais en 1172 comme le reste de la région. Il existe des preuves de l'existence d'une château dès le IXe siècle, et c'est probablement là l'origine du village : le château a fédéré les habitants de la région de façon a pouvoir être protégé en cas d'attaque.
Le roi d'Aragon Sanche lui accorda les mêmes droits et privilèges que sa jumelle Villefranche. En 1245, alors sous contrôle de Jacques le Conquérant, la ville fut fortifiée. Il ne reste pas de nos jours de traces évidentes de ces fortifications, qui furent démolies au fil des années.
La guerre de 1344-1374 laissa de nombreuses traces dans la ville. En 1344 Jacques III de Majorque, maître du Roussillon, du Conflent et de la Cerdagne (ces trois régions étaient incluses dans le royaume de Majorque) se fait ravir son royaume par Pierre IV d'Aragon son rival. Le Conflent est alors remis sous gouvernement aragonais. Mais sans abdiquer pour autant, Jacques III remonte une armée et traverse le Conflent, tentant de renverser les villes perdues. Il faut dire que Vinça, tout comme les autres villages, étaient en faveur de Jacques III qui les années auparavant leur avait laissé une grande liberté. La ville s'ouvrit donc à son ancien roi en 1347, mais ce fut de courte durée : Défait à nouveau, les troupes de Pierre IV d'Aragon pénétrèrent en ville. La population, effrayée, s'enfuit en traversant la Têt mais celle ci, gonflée par les eaux d'un violent orage, emporta une bonne partie des habitants. Ce fut un désastre qui marqua une baisse considérable dans le nombre de feux de la ville.
En 1377 un autre évènement survint. L'infant Jacques, prétendant à la couronne d'Aragon monte une expédition contre le Roussillon et remonte la vallée de la Têt. Là encore Vinça accueille à bras ouvert ce nouveau conquérant, la population laissant tomber la faible garnison du roi d'Aragon présente dans les enceintes. Mais l'insurrection fut de courte durée également et Bernard de So, comte de Conat et le
plus puissant des seigneurs locaux eu pour charge de punir cette ville deux fois rebelles. Vinça dû fournir la réparation des remparts de la ville et un canon chargé avec des pierres d'un demi-quintal. Le jeudi 10 décembre 1377 le consul de Vinça Ravayre se présenta devant le vicomte d'Evol à Villefranche. Il reçu l'ordre de se procurer d'ici Noël ce canon. Vu que le délai était insuffisant, le capitaine général du Conflent accepta de le prolonger jusqu'au 7 janvier 1378.
Le consul prit aussitôt contact avec un maître de Villefranche et il passa commande pour le prix de 60 florins, dont 10 en acompte. Voici le détail.
- · 4 sous pour une pièce de bois dans laquelle est enchâssé le canon.
- · 4 sous pour équarrir la dite pièce.
- · 5 sous pour enchâsser le canon.
- · 8 sous pour les carreaux en bois du socle.
- · 5 sous 9 deniers pour des clous et la fixation des bandes métalliques autour des carreaux.
- · 5 sous pour la confection de 2 pierres 1/2 quintal.
- · 4 sous pour le livreur du canon.
- · 2 sous 7 deniers pour le repas offert par le consul au "maître du canon".
- En 1484 le Prieur de Marcevolfut sécularisé. Abandonné de ses moines, il fut donné à la communauté de prêtres de Vinça. En 1582 les Carmlitesvinrent s'installer à Vinça. C'est en effet à cette date que fut construit le couvent des Carmélites déchaussés.
L'ancienne église fut reconstruite au XVIIIe siècle, entre 1734 et 1769. son aspect actuel rend compte de son état d'église baroque. A l'origine de cette reconstruction on trouve le testament d'un certain Don Carlos Perpinya y Soléra dans lequel était stipulé que si sa fille venait à mourir sans postérité tous ses biens iraient à l'église. Suivaient les clauses de réalisation du testament. Bien sûr, en 1724 ladite fille décéda sans postérité, et après les inévitables procès la construction de l'église eu lieu. Tous les détails sur la façon dont ont été réalisé les travaux sont expliqués sur le site Internet de Vinça, voyez la page de liens pour plus de renseignements à ce sujet.
Le Barrage de Vinça
Vinça est surtout connu pour son barrage construit sur la Têt, le plus long fleuve côtier du département. Il fut construit en 1976 dans le but d'écrêter les crues de la Têt et alimenter le canal d'irrigation de Corbère.
Il mesure 55 mètres de haut, 191 mètres de large et a nécessité 142 000 tonnes de béton. Le barrage de Vinça à une capacité de rétention d'eau de 25 millions de mètres cubes.
L'orgue de l'église
L'église de Vinça héberge une pièce magnifique qui mérite le déplacement : l'orgue. Il fut construit par Cavallié-Coll, mais son état a demandé une restauration faite assez récemment. De nos jours des concerts sont organisés dans l'église pour pouvoir profiter de l'acoustique parfaite de cet instrument dans cet église.
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